Les trois retards : comprendre pourquoi des mères et des nouveau-nés meurent encore de causes évitables
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Les trois retards : comprendre pourquoi des mères et des nouveau-nés meurent encore de causes évitables

Amadou DioufCTO & Co-fondateur
11 juillet 20265 min342

Chaque grossesse devrait se terminer par une naissance heureuse

Donner la vie ne devrait jamais mettre une femme en danger. Pourtant, chaque jour, plus de 700 femmes meurent dans le monde de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement. La grande majorité de ces décès pourrait être évitée grâce à des soins appropriés et accessibles. L'Afrique subsaharienne reste la région la plus touchée, concentrant près de 70 % des décès maternels mondiaux.

Mais pourquoi ces décès surviennent-ils encore ?

Les chercheurs ont montré que, bien souvent, ce ne sont pas uniquement les complications médicales qui sont en cause. Le véritable problème réside dans les retards qui empêchent une femme de recevoir les soins dont elle a besoin au bon moment.

Le modèle des « trois retards »

Depuis plus de 30 ans, les professionnels de santé utilisent le modèle des trois retards, développé par Deborah Thaddeus et Deborah Maine, pour comprendre les causes des décès maternels évitables.

Le principe est simple : lorsqu'une complication survient pendant la grossesse ou l'accouchement, chaque minute compte.

Si l'un de ces trois maillons échoue, le risque de décès augmente considérablement.

Premier retard : décider de consulter

Le premier obstacle apparaît souvent à la maison.

Une femme enceinte peut hésiter à se rendre dans un centre de santé parce qu'elle pense que les douleurs sont normales, qu'elle manque d'informations sur les signes de danger ou qu'elle ne dispose pas des ressources financières nécessaires. Dans certaines communautés, la décision dépend également de la famille ou du conjoint.

Ce retard peut transformer une complication traitable en urgence vitale.

Deuxième retard : atteindre une structure de santé

Même lorsqu'une décision est prise rapidement, encore faut-il pouvoir rejoindre un établissement de santé.

Dans de nombreuses zones rurales, les distances sont longues, les routes difficiles et les moyens de transport rares ou coûteux. Une ambulance peut être indisponible ou arriver trop tard.

Pour une femme victime d'une hémorragie, quelques heures de retard peuvent faire la différence entre la vie et la mort.

Troisième retard : recevoir des soins de qualité

Arriver à l'hôpital ne garantit pas toujours une prise en charge immédiate.

Le personnel peut être insuffisant, certains médicaments essentiels indisponibles ou les équipements inadaptés. Des délais administratifs ou un manque de coordination peuvent également retarder les soins.

C'est ce troisième retard qui révèle les défis auxquels sont confrontés de nombreux systèmes de santé : disponibilité des ressources, organisation des services et qualité des soins.

Pourquoi cela concerne aussi les nouveau-nés ?

La santé de la mère et celle du bébé sont étroitement liées.

Une complication obstétricale peut entraîner :

  • une naissance prématurée
  • une asphyxie à la naissance
  • un faible poids de naissance
  • ou le décès du nouveau-né

Améliorer les soins maternels permet donc également d'améliorer la survie des nouveau-nés.

Le numérique peut faire la différence

Les technologies numériques offrent aujourd'hui de nouvelles possibilités pour réduire ces retards :

  • Identifier précocement les grossesses à risque
  • Envoyer des rappels de consultations prénatales
  • Faciliter la communication entre les postes de santé et les hôpitaux
  • Coordonner les références des patientes
  • Suivre les indicateurs de santé en temps réel

Ces outils ne remplacent pas les professionnels de santé, mais ils les aident à agir plus vite et à mieux coordonner les soins.

Comment KEREYA contribue à cette mission

C'est précisément dans cette logique qu'a été conçu KEREYA.

La plateforme vise à accompagner les équipes de santé tout au long du parcours de soins, depuis le suivi de la grossesse jusqu'à la référence hospitalière. Elle facilite le partage d'informations entre les acteurs, améliore le suivi des patientes et fournit des données fiables pour aider les districts sanitaires à prendre des décisions éclairées.

KEREYA ne remplace pas les systèmes nationaux existants ; il les complète en apportant des outils de coordination, de suivi et d'aide à la décision adaptés aux réalités des zones rurales.

À retenir

La plupart des décès maternels et néonatals sont évitables. Les trois retards — décider de consulter, atteindre une structure de santé et recevoir des soins de qualité — restent les principaux obstacles à une prise en charge efficace. En combinant une meilleure organisation des services, des professionnels bien formés et des solutions numériques comme KEREYA, il est possible de réduire ces retards et d'améliorer durablement la santé des mères et des enfants.

#santé maternelle#trois retards#mortalité néonatale#KEREYA#Afrique#santé numérique

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